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La science a pour objectifs la production et la propagation de connaissances. Je discuterais aujourd'hui de la propagation.
Lorsqu'un scientifique produit un nouveau résultat, l'étape qui suit est d'informer les confrères de cette production et/ou de rendre ce résultat digérable par le public non-spécialiste (vulgarisation). Le but étant dans les deux cas de toucher un public le plus large possible. Pour informer les autres scientifiques de l'existence de ce nouveau résultat, un chercheur écrit un article dans une révue spécialisée et présente ses travaux dans une ou plusieurs conférences. Ces publications dans des revues et présentations dans des conférences constituent le circuit classique de propagation.
Ce circuit de propagation présente actuellement quelques signes assez forts de dysfonctionnement. Par exemple le nombre de conférences organisées chaque année, y compris sur des thèmes très spécialisés, est de plus en plus important. Certaines conférences sont ainsi organisées avec comme objectifs l'augmentation des finances du laboratoire organisateur ou l'amélioration de la renommée des organisateurs.
Il est ainsi impossible pour un chercheur de participer à toutes les conférences le concernant, il faut faire des choix et donc passer à coter de certaines communications qui sont présentées dans d'autre conférences que celles choisies. De plus l'inflation des droits d'enregistrement couplée à la diminution des crédits des laboratoires inclinent des chercheurs à viser à l'économie. Il est une pratique (je n'ose dire courante) qui consiste à payer des droits d'enregistrement mais de ne pas aller présenter physiquement le travail soumis pour économiser sur les frais de voyages. Comme cela est-il possible ? En demandant aux organisateurs de la conférence la possibilité de présenter son travail sous forme d'un poster. Et de demander à un collègue (qui lui se rend à la conférence) d'accrocher le poster à votre place.
Du coté des publications en revues, la situation me semble moins désastreuse mais commence aussi à présenter de dangereuses dérives. Le schéma classique est qu'un article proposé à une revue est lu par plusieurs relecteurs qui doivent émettre un avis argumenté sur la soumission. A l'issu de ces avis, l'éditeur prend la décision de publier ou non l'article, avec éventuellement demande de modification(s). Cependant le nombre de revues augmente également et chaque revue a besoin d'un quota d'articles publiés pour survivre. Les consignes données aux relecteurs peuvent ainsi viser à la sélectionner un nombre seuil d'articles plutôt que d'utiliser des critères de qualités. Je ne parlerais pas des relecteurs peu scrupuleux qui indiquent aux auteurs quelques bonnes références à ajouter dans leur article, et qui insèrent dans ces ajouts obligatoire quelques une de leurs propres publications.
Face à ces dysfonctionnements, j'écrirais plus tard sur quelques auteurs qui font de la résistance, sur les raisons de ces dysfonctionnements et sur les moyens de (peut être) les diminuer.
FMN.
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- Un résultat scientifique obtenu grâce au jeu Fold-it
Point de vue intéressant, et dont le constat ne risque pas de s'annuler à la vue de la monétarisation croissante de la recherche.
Je me suis également penché sur ce problème de publication, mais du point de vue beaucoup plus humble de l'étudiant.
Ayant longtemps habité dans un hameau de campagne sans connexion internet ni bibliothèque conséquente, j'ai été longtemps frustré de ne pouvoir avoir accès à la connaissance. Je me contentais du piètre "dictionnaire encyclopédique" de Larousse.
Une fois arrivé à la faculté, j'ai été impressionné par la quantité d'information disponible, et j'en ai usé avec joie.
Puis j'ai quitté l'université, et je n'ai plus eu accès à son contenu. Non pas qu'on m'interdisait l'accès à la bibliothèque universitaire (bien que c'est le cas dans les textes) ou aux amphithéâtres, mais ayant un emploi, je ne pouvais, pour des raisons purement pratique, m'y rendre. Je me suis fait cette réflexion : les universités font de la rétention de connaissance.
Retournant à la fac il y a deux ans, j'ai mis en place un wiki pour ma section de philosophie. Les étudiants s'en servent pour partager leurs notes et discuter. L'idée est de compléter ses notes avec celles des autres pour reconstituer au mieux le cours.
Je voulais que cela soit un moyen pour le grand public qui ne peut se permettre de faire des études d'accéder à des portions du contenu universitaire. Malheureusement, l'obstruction de certains professeurs minoritaires font que le site n'apparaît aujourd'hui toujours pas dans les moteurs de recherche.
En tous cas, tout est là : nous somme dans la troisième année de fonctionnement, ça commence à être rôdé. Ça tourne sur mediawiki, et j'ai fait un plugin permettant de créer automatiquement les pages de cours et les classer correctement. Si un autre groupe d'étudiants est intéressé par ce concept, n'hésitez pas à me faire signe.